« Il ne s’agit pas de fabriquer des hommes tous conformes à un modèle, ayant tous appris les mêmes réponses, mais des personnes capables de formuler de nouvelles questions » - Albert JACQUARD

Nous connaissons les termes d’écologie et même d’écologie politique, mais que recouvre celui, plus énigmatique, d’écologie sociale ? Différents auteurs ont étudié ce terme (André Gorz, Félix Guattari ou Gilberto Freyre), nous allons nous concentrer dans ce cours sur la vision du penseur américain Murray Bookchin, qui a popularisé la notion. Un enjeu théorique de fond unit ces diverses approches : reconnaître que les sciences de la nature et de l’environnement ne peuvent se détourner de questions qui touchent la culture, le politique et le social. Comme le soulignait avec vigueur le penseur Bookchin, la solution aux problèmes écologiques requiert avant tout de nouvelles formes d’institutionnalisation évolutives, devant épouser des dynamiques de participation citoyenne. Plus largement, les réponses aux problèmes écologiques nécessitent une réforme de nos imaginaires consuméristes, ainsi que de certaines représentations collectives dominantes relatives au fait technologique lui-même. Le développement d’un modèle de société plus écologique se fera au prix d’un effort pour trouver un nouvel équilibre entre innovation technologique, résilience environnementale, et souci du commun. Ainsi la réinvention des biens communs (selon Elinor OSTROM) sera envisagée. 

Documents utiles pour le stage et le mémoire METIS.

Concepts-clé : discours, représentation sociale, idéologie Techniques d’enquêtes : les entretiens, les focus groups.
Situations d’enquêtes : biais entre enquêteur et enquêté.
Exercices pratiques : jeu de rôle enquêteur/enquêté ; focus-groups : animateur/répondants entre étudiants.
Exercice pratique : mise en situation réelle, dans un contexte choisi et préparé par l’étudiant avec encadrement et en présence de l’enseignant.

Ce cours localisera l’analyse des mutations sociales contemporaines sur différents axes sur lesquels des monographies récentes seront croisées:

  • les effets conjugués des transformations des mondes du travail et des politiques sociales,
  • les transformations des mondes scolaires en lien avec les polarisations sociales et ethniques des espaces urbains,
  • les recompositions des familles et des rapports de genre  (diversifications des structures familiales, tensions/mutations du genre et des familles).

Sur ces trois axes, le cours explorera les « arts de faire » et les projets innovants en contexte social : le travail d’invention, de transformation des professionnalités, d’innovation qui doit pouvoir s’opérer au cœur des mutations sociales pour y produire de l’inclusion : des liens fiables, des territoires habitables, des capabilités et des parcours d’inclusion visant la participation active des populations ciblées.

Les savoir-faire scientifiques et technologiques n’envahissent pas seulement nos sociétés mais en font constitutivement partie. Il est en conséquence crucial de développer une attention critique vis-à-vis des intrications concrètes entre deux domaines – enjeux scientifiques/technologiques, d’un côté ; enjeux sociétaux, de l’autre – qu’on a souvent traités séparément. Ce cours se base principalement sur les approches méthodologiques ainsi que théoriques des Science and Technology Studies (STS) telles qu’elles ont été développées au cours des dernières décennies. Il est destiné à donner aux étudiants des outils pour penser et agir dans un monde où les savoirs et les techniques sont en transition perpétuelle. Concrètement, le cours introduira les étudiants à des auteurs cruciaux des STS et leurs particularités respectives, auteurs tels que Ludwik Fleck, Robert Merton, Bruno Latour, Michel Callon, Sheila Jasanoff, Sandra Harding, Donna Haraway, Andrew Pickering etc.

Accompagnement des stages

  • Intervision et mobilisation de l'intelligence du groupe
  • Co-construction de savoirs (codes sociaux, proximité et distance adaptées aux publics, balises éthiques, secret professionnel...)
  • Herméneutique collective sur des situations et des matériaux sensibles

La recherche et intervention en milieux professionnels

  • Les différentes figures de l'implication et de l'engagement.
  • Prendre place sur un terrain - Co-construire une problématique avec les acteurs
  • Produire des données adaptées au terrain et à la problématique
  • Mobiliser des concepts et interpréter les incidents critiques Les questions de restitution

Sur la base d'un portefeuille de lectures obligatoires, il invite les étudiant-e-s à une exploration conjointe de la façon dont des collectivités données posent leurs enjeux de permanence et de changement, de rupture et de continuité, d'innovation et de statut quo. Il s'agira donc de proposer aux étudiant-e-s plusieurs axes de problématisation, développés notamment par la sociologie, de l'anthropologie et de la philosophie, pour penser notamment la mobilisation de publics concernés par un problème et déterminés à bouleverser les termes dans lesquels il se pose. À partir de ces éléments, les étudiant-e-s disposeront d'une grille de lecture pour mettre en perspective les notions d'innovation et de transition, dans des situations empiriques nécessairement écologiques, c'est-à-dire complexes et constituées d'interdépendances multiples entre les êtres qui les composent.